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  • Julian FREEMAN

La vanille de Madagascar face à la modification du taux de LMR sur le marché européen

La route est encore longue pour la vanille de Madagascar pour reconquérir sa première

place sur le marché mondial. À compter de cette année, la Commission européenne a

modifié le taux de LMR autorisé dans les produits à importer. Et, l’Europe est pourtant

l’un des plus grands acheteurs de cette épice. L’avenir du bourbon n’a jamais été aussi

incertain.



Le taux de nicotine passe à 0,02 % par kilo


C’est la nouvelle directive que doivent respecter les producteurs de vanille de

Madagascar s’ils souhaitent encore rester sur le marché européen. À compter de janvier

2024, le taux de nicotine contenu dans chaque kilo de bourbon ne devra pas dépasser les

0,02 %.


En réalité, cette mesure de la Commission européenne date de septembre 2023. Mais, les

autorités malgaches ont plaidé au nom de leur producteur pour sauver leur récolte en

cours. Elles ont obtenu un sursis de quelques mois. Et, durant ce laps de temps, le taux

de LMR maximum autorisé était de 0.05 %. Une indulgence qui ne risque pas de changer

énormément de choses pour les stocks des agriculteurs. Une grande majorité dépasse


3 mois de réflexion pour voir l’origine du problème


La Commission européenne a consenti à 3 mois d’indulgence en faveur des producteurs

de vanille de Madagascar. Pour elle, ce sera l’occasion pour ces derniers de se remettre

en question : pourquoi ce taux important de nicotine dans leur gousse ? Que faut-il

changer ? Que faut-il tester ? Comment améliorer la qualité des produits ?


Selon les experts, les LMR sont les résidus qui passent dans les plantes par le sol.

Généralement, on explique la présence de nicotine dans les bourbons par l’engrais

utilisé. Ce peut être aussi la qualité du sol. Mais, il faudra une analyse plus approfondie

pour être sûre. Et, les producteurs n’ont en pas le temps. Ils sont déjà en préparation de

la prochaine saison de la vanille.


Une demande de révision à long terme qui pourrait changer les choses


Pour sauver le marché de la vanille de Madagascar, les autorités locales vont encore faire

une demande auprès de la commission. L’objectif, cette fois, est de demander une

révision à la hausse de ce taux de nicotine, et ce, sur le long terme.


En effet, il serait difficile pour les producteurs de l’île de respecter cette nouvelle norme.

Cela impliquerait un changement de leur engrais. Idem pour les techniques de

plantation qui font l’authenticité de cette épice. En effet, les exploitants utilisent toujours

les mêmes astuces traditionnelles. Ils se passent leur exploitation de père en fils depuis

des générations.


Que se passera-t-il si la Commission européenne ne coopère plus ?


Le résultat le plus probable sera l’une des plus grandes crises que la vanille de

Madagascar n’aura jamais connues. Pour cause, les conséquences de l’échec du prix

plancher se font encore ressentir. Une grande majorité des producteurs songent encore

à liquider leur reste de stock au cours de cette année. À cela s’ajoute la production

prévue pour cette saison. Il y aura donc un surplus d’offres sur le marché. Ce qui

entraînera forcément une nouvelle baisse des prix.


Certes, l’Europe n’est pas le seul acheteur de bourbon de Madagascar. Néanmoins, c’est

l’un des plus importants. En outre, il pourrait influencer les autres pays. La Grande Île ne

peut pas se permettre une mauvaise image de son épice la plus précieuse sur un marché

aussi grand que celui-ci.


Dans tout ce débat, les analystes du marché notent un problème flagrant : le manque de

communication entre les principaux opérateurs du marché de la vanille. Ce peut être

entre les producteurs et les acheteurs que les autorités et les grands noms du marché

international. Ce qui compliquera davantage l’amélioration de l’image de cette épice sur

le long terme.

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